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Marathon d’Avignon : quand le sport fait aussi courir l’économie locale

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Crédit Photo : Marathon d’Avignon

Ce week-end, Avignon va courir. Et pas seulement pour le chrono. Avec plus de 4 000 participants annoncés pour cette première édition, le Marathon d’Avignon constitue aussi un formidable outil d’attractivité pour le territoire. Hôtels, restaurants, commerces, tourisme, image de la destination : derrière les 42,195 kilomètres se cache une véritable économie. Et l’expérience d’autres grands marathons montre que les retombées peuvent être importantes.

Pour une première, le succès est déjà là. Les courses affichent complet et plusieurs milliers de coureurs vont découvrir Avignon dans un décor difficilement égalable : Palais des Papes, remparts, Hôtel de Ville, Opéra, Pont d’Avignon, Barthelasse… Le parcours a clairement été pensé pour associer performance sportive et découverte de la ville.

Et c’est précisément là que le sport rencontre l’économie.

Jusqu’à 6 à 7 euros de retombées pour un euro investi

Un marathonien n’est pas seulement un sportif. Lorsqu’il vient de l’extérieur, il devient aussi un touriste. Il dort, mange, consomme et vient souvent accompagné.

Une étude universitaire consacrée au Marathon Nice-Cannes avait ainsi évalué entre 3,4 et 4 millions d’euros les retombées économiques générées par environ 10 000 coureurs et leurs accompagnants. Elle estimait surtout que 1 euro investi dans l’événement générait entre 6 et 7 euros de retombées économiques.

Les participants avaient notamment généré environ 40 000 nuitées, soit 1,5 million d’euros pour l’hébergement, auxquels s’ajoutaient 1 million d’euros dans la restauration et environ 700 000 euros dans le shopping.

Le ratio n’est évidemment pas automatiquement transposable à Avignon. Mais il donne une idée du potentiel économique de ce type de rendez-vous lorsqu’il réussit à attirer des participants extérieurs et à les faire séjourner.

Transformer les coureurs en touristes

C’est désormais tout l’enjeu pour Avignon.

La ville dispose pour cela d’atouts considérables : un patrimoine mondialement connu, une offre hôtelière et de restauration importante, une gare TGV et une destination déjà habituée à accueillir de grands événements.

L’objectif est simple : transformer les dossards en nuitées, les accompagnants en visiteurs et le week-end sportif en séjour touristique.

Il faudra donc regarder, après cette première édition, d’où viennent les coureurs, combien de nuits ils ont passées sur place et quelles dépenses ont été générées dans les hôtels, restaurants et commerces. Ce sont ces données qui permettront de mesurer réellement l’impact économique du marathon.

NGE : quand une grande marque choisit aussi son territoire

L’autre réussite de cette première édition est d’avoir réussi à associer au projet NGE, 4e groupe français du BTP et partenaire majeur du marathon pour trois ans. Plus de 200 collaborateurs et clients du groupe doivent d’ailleurs participer à cette première édition.

L’association n’est pas anodine. NGE est un groupe d’envergure nationale et internationale, mais son siège est installé à Saint-Étienne-du-Grès, aux portes du Vaucluse. L’entreprise revendique elle-même son implantation historique en Provence et explique vouloir, à travers le Marathon d’Avignon, faire rayonner sa région d’origine et renforcer son attractivité auprès de futurs collaborateurs.

C’est aussi cela, le marketing sportif : une grande marque qui ne vient pas seulement chercher de la visibilité mais choisit de s’associer à un territoire et à ses valeurs.

Des organisateurs et des bénévoles qui font vivre l’événement

Mais derrière les chiffres, il y a surtout des femmes et des hommes.

Il faut saluer le travail de Provence Sport Organisation et son fondateur Bertrand Delhomme, organisateur de cette première édition, mais également celui des nombreux bénévoles mobilisés. Remise des dossards, accueil et orientation des coureurs, parcours, médailles, montage, rangement : sans eux, pas de marathon.

Créer de toutes pièces un événement de cette dimension et parvenir à remplir les courses dès la première édition constitue déjà une belle performance.

Et il faut aussi souligner une communication particulièrement réussie. Depuis plusieurs mois, l’équipe fait monter l’événement : teasings, belles photographies, vidéos, interviews, présentation progressive des parcours, valorisation des partenaires et des participants… Le marathon a commencé à exister bien avant le premier coup de pistolet.

Quand les images du marathon deviennent celles d’Avignon

Cette communication participe directement à l’attractivité du territoire.

Lorsqu’une vidéo montre des centaines de coureurs devant le Palais des Papes, sous le Pont d’Avignon ou le long des remparts, elle ne vend plus seulement un marathon : elle donne envie de venir à Avignon.

C’est peut-être la plus belle réussite potentielle de ce premier rendez-vous. Faire du sport une fête populaire, faire travailler l’économie locale, associer entreprises, collectivités et bénévoles et offrir, le temps d’un week-end, une formidable vitrine à la destination.

Dimanche, certains viendront chercher un chrono, d’autres simplement franchir la ligne d’arrivée. Mais si cette première édition tient ses promesses, Avignon aura peut-être gagné bien davantage qu’un marathon : un nouveau rendez-vous capable de faire rayonner durablement la ville et le Vaucluse.

Nicolas Delmas

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